Témoignages · 05/10/2025

Bras de fer à Mons pour une douche, une couverture et un billet de bus, par une sexagenaire s

Double du courrier envoyé hier au médiateur de Wallonie
PS je voudrais venir à votre conférence mais n'en connais pas le lieu 
Expéditeur : Sophie Thérèse Hautenauve 
Date de naissance : 13/08/1966
Situation actuelle : Sans domicile fixe, Dort derrière le banc de la porte numéro 6, Gare de Mons 
Email : sh8europa@gmail.com Téléphone : +32499252773
À l’attention du Médiateur de Wallonie Rue Lucien Namèche 54 5000 Namur 

MONS, le 29 septembre 2025 
Objet : Plainte concernant un comportement abusif de travailleurs sociaux du CPAS de Mons, services DUS et ESCALE


Madame, Monsieur,Bonjour
Je souhaite poser réclamation concernant le comportement de travailleurs sociaux du CPAS de Mons et de l’Escale (accueil de jour de Mons) qui ont exercé des pratiques abusives et discriminatoires à mon encontre.
Lors de ma demande d’aide aupres du cpas - qui m’a orienté vers le DUS de Mons - aide pour obtenir une adresse de référence et m’inscrire au FOREM, le travailleur social rencontré m’a affirmé à tort que les adresses de référence n’existent pas en Belgique et qu’aucune aide administrative ne pourrait m’être accordée pour refaire mes papiers volés. .Bien que je sois de nationalité française le travailleur social a essayé de m’impressionner (et y est arrivé) en me racontant que les règles et lois de l’espace Schengen ne s’appliquaient pas à Mons et que mon statut (travailleur européen) n’existait pas, que j’étais "sans papiers" et "illégale" et que j’allais être recherchée par la police et être enfermée dans un centre de rétention avant d’être expulsée vers la France.Malgré que je n’en crois pas un mot, ces mensonges éhontés m’ont fait pleurer à grosses larmes.
Le travailleur social disait ignorer où je pourrais trouver des vêtements, une couverture et des chaussures (car quand je dis qu'on m’a tout volé, on m’a TOUT volé) et a refusé de m’aider pour refaire mon passeport et ma CNI volée. 
Elle n’a aucune idée d’où je pourrais trouver un ordinateur en accès libre malgré les salles "informatiques" dont se vante le cpas de Mons sur son site et que je viens de découvrir.
J’ai, en un dernier espoir, demandé une aide pour un billet de train ou de bus pour Bruxelles afin de pouvoir contacter mon consulat et peut être y avoir l’aide administrative qu’on me refuse à Mons mais cela aussi m’à été refusé, eut égard à la 'pauvreté de la commune de Mons" (on me dit pourtant via d’autres voix que c’est un budget fédéral).
On m’a fait préparer un colis alimentaire contenant uniquement des denrées nécessitant cuisson, alors que je n’ai aucun moyen de cuisiner, vu que je dors par terre à la gare, ce que j’ai ressenti comme une cruauté supplémentaire.
Par ailleurs, l’Escale (accueil de jour pour sans abris de Mons) m’a imposé, quelques jours auparavant, des conditions impossibles pour bénéficier de la douche gratuite (laisser mes affaires personnelles dans la rue aka mes vêtements pour me changer et mon dossier médical - je suis cardiaque -  et quelques effets de toilette personnels qui me restent ), et m’a aussi refusé l’accès aux repas qui coûtent 50 centimes alors que je n’ai AUCUN argent et n’avais pas mangé depuis plus de 24 heures lorsque je suis arrivée à leur local.On m’a dit d’aller mendier si je voulais manger 
On y a aussi tenté de m’empêcher d’accéder aux permanences de Médecins du Monde. 
Je n’avais pas les 50 centimes qu'ils m’exigeaient pour avoir le droit de manger et je le leur ai dit mais ils étaient intraitables et m’ont dit de ne pas revenir avant d'avoir mendié pour avoir ces fameux 50 centimes. Cette injonction bizarre (chrétienne pratiquante, et victime de très gros "accident de vie" successifs, je suis secrétaire comptable/prof de piano classique pour enfants, de presque 60 ans, avec lunettes, qui ne boit pas, ne prend pas de drogue et n’a jamais mendié de sa vie) m’a été répété le 18 septembre par le travailleur social du DUS selon lequel "c’est la ville qui décide" , "l’inconditionalité de l’aide n’existe pas ici", "le décret Wallon ne s'applique pas à Mons" etc etc.
À l’Escale, ils ont une personne payée exprès pour contrôler les papiers (j’avais un scan des miens), conduire les interrogatoires (qui sont poussés, intrusifs et humiliants et se déroulent en public, debout dans la cour, le ventre vide) et affirmer mensongèrement que "médecins du monde" - qui tient une permanence dans la même enceinte - est interdit aux patients non belges. 
Quand j’ai signalé au Préposé à l’Interdiction d'Accès à la Santé de l’Escale que, sur la porte de MDM était écrit "accueil inconditionnel quelque soit le genre ou la nationalité", ce dernier a aussitôt inventé un autre prétexte pour m’interdire de faire la queue pour voir le médecin (refaire mon ordonnance). D’après lui, dès que je lui ai montré l’ecriteau "accueil inconditionnel", le personnel de médecins du monde était déjà parti et il fallait donc que je revienne une autre fois. 
Or, j’avais échangé avec l’infirmière (pour signaler ma présence) et voyais bien que personne n’était parti depuis.Comme je ne bougeais pas, et restais debout en silence, en regardant mes pieds, pas plus que ne bougeaient les autres personnes faisant la queue avant moi pour leurs soins, il s’est mis à rudoyer les gens (pas moi mais les autres) en les attrapant par le bras, leur parlant grossièrement en leur disant de "dégager" et que "c'est fini pour aujourd'hui,  t’avais qu'à venir plus tôt". 
Certains malades commencèrent à faire un petit esclandre car ils ne voulaient pas rater leur tour mais heureusement l’infirmière de médecin du monde est sortie pour calmer le Préposé à l’Interdiction d’Accès et nous dire s'il n’y avait aucun problème et que tout le monde serait reçu.
Cette personne (le Maton qui contrôle l’entrée et les papiers, mène les interrogatoires et interdit l’accès aux soins aux étrangers) s’appellerait "Ludo" d'après ce que m’ont dit les autres gens de la queue (qui voulaient m’inviter chez eux pour que je puisse prendre une douche, ce qui prouve bien que ce n’est pas un lieu dédié au sans abrisme puisque les gens 'acceptés' ont un logement et qu'on y refoule les gens sans abri comme moi). 
Ce Ludo est particulièrement grossier oralement et, moi même, atteinte d'insuffisance cardiaque ischémique permanente avec fraction d’éjection réduite, j’ai mal apprécié qu'il vienne fumer dans une queue de gens malades et surtout qu'il me crache sa fumée au visage. En outre, mon cœur supporte mal la violence, même verbale...Car, en effet, il faut croire qu'aucune loi ni règlement ne s'applique à Mons et qu'on peut fumer sur son lieu de travail, dans les espaces de soins sans aucun problème, la simple civilité n’étant pas non plus de mise chez ces gens là non plus que la politesse de base.
En tout cas, il n’y a aucune inconditionalité de l’aide accordée par l’Escale, qui semble être réservée aux belges ayant un logement et prenant des drogues. 
Ensuite (j’avais une petite valise cabine et mon sac) comme l’infirmière nous avait rassuré sur le fait que ce n’etait pas fermé, il a commencé à inventer d'autres histoires comme quoi je n’avais pas le droit d’être dans la cour avec mes bagages et que Médecins du monde allait refuser de me recevoir avec mes affaires, mais heureusement c’était mon tour de passer et Médecins Du Monde n’a fait aucune objection à ce que j’entre avec mes bagages et j’ai pu faire refaire mon ordonnance volée en 5 minutes.  
J’avais terriblement besoin d’une ordonnance pour du captopril pour mon cœur car mes médicaments du mois m’avaient été volés aussi, cette fois-ci, en Belgique, à Bruxelles, ainsi que mon ordonnance de 3 mois.Ce médicament, très bon marché (10 euros 80 par mois), est nécessaire à ma survie. 
Je remarque que l'Escale a tout fait pour m'empêcher d'avoir mon renouvellement d'ordonnance. Non seulement ils refusent la nourriture, l’eau potable et une couverture aux personnes âgées comme moi, mais en outre ils veulent leur interdire l’accès aux soins.C’est de l’agisme doublé d’eugénisme.
J'ai demandé au Maton chargé de l'Interdiction de l'Accès aux Soins de me dire les service disponibles à "l'Escale" mais il ne m’a pas fourni d’information sur les petits déjeuners gratuits, travailleurs sociaux,  vêtements, couvertures ou chaussures disponibles, soit disant, pour les sans abris dont je suis. Selon lui l’Escale c’est juste la douche et le repas à 50 centimes sinon rien (+ passer la journée en buvant des bières fortes tout en prenant des drogues dans la cour). 
D'après eux on ne peut pas faire de lessive dans leur centre d'accueil de jour, mais je n'en crois pas un mot. Je ne crois pas non plus qu’il n’y ai à l’Escale aucun travailleur social pour une aide administrative.
Comme déjà dit, il n'y a pas non plus soit disant de vestiaire où je pourrais déposer mes affaires, et il est interdit de laisser quoi que ce soit dans la cour, comme il est (soit disant) interdit d'entrer dans le batiment avec ne serait-ce qu'un sac à main ou des vêtements de rechange.On me dit que c’est "le règlement" mais quand je demande à obtenir copie du règlement les mêmes personnes me disent que ce règlement a été perdu.
Ils ne savent pas non plus où trouver une carte de Mons à imprimer car ils n'ont jamais entendu parler du syndicat d'initiative (car je me perds tout le temps, on m’à donné un papier avec de faux renseignements, et mon gps ne fonctionne pas sans données sur la sim, et entre la fatigue, la faim, et le manque de gps, je mets parfois deux ou trois heures pour rejoindre une para administration qui en fait était toute proche de la gare). 
À l’escale ils "pensent" qu'il y a un endroit où les voyageuses auxquelles on a tout volé peuvent faire laver le peu de linge que des voyageurs de la gare leur ont donné mais ils ne savent pas où, et Il faut que ce soit moi "qui me renseigne".
J'ai rapporté ces échanges au travailleur social du DUS (qui curieusement était déjà au courant de mes déboires à l’Escale) le 18 septembre dernier (RDVs à 13h30), étant donné que je les avais enregistrés.
La travailleur social trouvait ça normal et m'a confirmé que l'inconditionalité de l'aide ne s'appliquait pas à Mons. Elle ne sait pas elle non plus où je pourrais laver du linge. 
D'après elle, tout cela est normal.
Elle a téléphoné devant moi à l’Escale où on lui a dit qu'il n’y avait aucun problème pour que je prenne une douche, et que c’était moi qui avait refusé ce service.Mais ce sont les conditions que l’on m’à imposées (mettre tout ce qui reste de mes pauvres affaires dehors dans la rue sans surveillance) qui ont fait que j’ai du renoncer à la douche et que je me lave maintenant dans la rivière La HAINE. 
J’ai 60 ans, je suis une femme chrétienne, je suis cardiaque, je n’aurais jamais pensé à mon âge et en cette saison avoir à me laver dans des rivières. Je croyais que les gens cardiaques ne devaient pas s’enrhumer !.Évidemment,  je pourrais essayer de retourner à l’Escale mais je ne sais pas ce qu'ils pourraient inventer encore, et c’est loin, à pied, pour une insuffisante cardiaque. À chaque rendez vous avec une AS  on me refuse un billet de bus "social" qui me permettrait de me déplacer dans la ville avec moins de fatigue.
Quand j'ai demandé à l’AS (qui me disait que non, je n’étais pas interdite de douche et que c’était juste un malentendu) : "mais que se passe-t-il si ils m’inventent encore des prétextes pour m’interdire la douche ?" Elle m'a répondu "alors vous n’avez qu'à m’appeler"Moi : "Mais je n’ai pas de Sim" Elle : "vous n’aurez qu’à venir au cpas pour téléphoner" (marcher jusqu'à l’escale puis revenir  jusqu’ au Cpas pour téléphoner au même cpas pour dire que l’Escale - qui en fin de compte est aussi le CPAS -  me refuse encore une fois une douche afin que le travailleur social - du cpas - téléphone et que je puisse repartir à l’Escale - du CPAS - à pied).Ça me ferait donc 8 km de marche pour une douche, sans aucune garantie de l’avoir.
À tout prendre, je préfère me laver dans la rivière, car elle passe juste derrière la gare où je réside et il n’y a pas à y subir l’humiliant interrogatoire public et le crève cœur des refus larves.
J’ai enregistré l'entretien avec ce travailleur social du DUS aussi et tiens mes enregistrements à votre disposition.J’ai un autre rendez vous demain matin pour une adresse de référence - car j’ai saisi la présidente du cpas - mais on m’a bien laissé entendre que il fallait attendre au moins 15 jours la réponse et que ce serait non. 
Le travailleur social du DUS m’a également refusé un billet vers Bruxelles pour me rendre au Consulat afin d́essayer d’obtenir de l’aide pour refaire mes papiers (volés) sans me proposer d’alternative. 
Elle pretend que les "adresses de référence" (dont j’ai dû lui indiquer le principe car elle "ne connaissait pas") n’existent pas en Belgique (depuis que j’ai saisi la presidente, ils reconnaissent que cela existe mais me préviennent que je ne l’aurais pas). 
Je n’avais plus de SIM et je ne peux me connecter qu’à la Wi-Fi de la gare (ou du supermarché) ce qui complique mes démarches mais au cpas, ils ignorent que je peux me connecter à la bibliothèque, qu’il y a des ordis et que c’est un service financé par eux (je l’ai appris seulement hier).
J'ai depuis ce rendez-vous avec le DUS réussi à faire refaire ma sim (en mendiant comme me l'a conseillé le Maton de "l'Escale") mais je n'ai pu que changer la sim et ne peux envoyer d'appels (ce qui complique mes démarches) et n’ai toujours aucun accès à Internet. 
J’avais déjà eu des problèmes avec l’Escale qui ne m’ont jamais "vue" lors de leurs maraudes à la gare depuis 3 semaines que j’y suis. Il m’ont donné plusieurs fois des rendez-vous (des membres de la SNCB ou d’autres SDF avaient téléphoné pour moi) mais ne sont jamais venus aux rendez-vous qu’ils avaient eux meme fixés.Je suis, de fait, exclue de l’aide alimentaire des maraudes, puisque "on ne vous a pas vue". La Croix rouge ne me voit pas non plus...
Des camarades sans logis me disent qu'ils ne comprennent pas que l’on puisse ne pas me voir et me disent que eux ont plusieurs fois bénéficié des "repas gratuits" quand ils n’avaient pas les 50 centimes (alors qu'ils ont des ressources grâce au RIS et que moi je n’ai rien, ni de mon pays, ni de la Belgique). 
Je sollicite votre intervention afin que ces pratiques cessent et que mes droits en tant que personne sans-abri soient respectés.
Je voudrais : - Être sure de pouvoir prendre une douche si je me déplace jusqu'à leur salle de shoot- Une aide alimentaire d’urgence (et pas des trucs à cuire) et ne plus être exclue des maraudes- Pouvoir retourner à Médecin du Monde sans avoir à entamer un interminable bras de fer avec le gars qu'ils payent pour garantir le refus d’accès aux soins - Que les "entretiens" (interrogatoires) que me font subir ces gens là se déroulent dans des lieux privés et pas debout dans une cour- obtenir enfin mon inscription sur le registre municipal- obtenir mon adresse de référence - obtenir de l’aide pour mon dossier au forem- pouvoir obtenir une paire de chaussures fermées d’occasion à ma taille dans un des nombreux magasins d’articles d’occasion géré par le cpas de Mons et si possible un petit manteau et des sous vêtements (des particuliers m’ont donné le reste, y compris les couverture qu’on me refusait)- obtenir copie du règlement intérieur de l’Escale - obtenir une liste à jour des horaires d’ouverture des associations apportant de l’aide car on m’a fourni une liste mais tous les renseignements sont faux et datent de 2020.
Dans cet espoir, 

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.
Sophie Therese Hautenauve .

PS : merci de me répondre sur ce mail. 
Et svp faites quelque chose en urgence, j’ai perdu tellement de poids avec tous ces refus de nourriture et de vêtements et tous ces déplacements qu’il faut faire partout à pied le ventre vide, en 3 semaines, j’ai perdu 6 tailles de pantalon et fais maintenant du 34 (ou 164 enfant).J’ignore ce que je leur ai fait mais d’après moi ils se livrent à un véritable lent et cruel assassinat sur ma personne.Je continue à prier et remercie pour toutes les aides d’eau, nourriture, vêtements et couvertures que des gens anonymes bienveillants m’ont apporté à titre individuel alors que ces aides m’étaient refusées par ceux là même qui sont payés pour aider. 

Témoignage de Sophie Thérèse Hautenauve

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